La première guerre mondiale

  • L'appel à la gare des hommes de 18 à 45 ans
  • la Gare sous surveillance
  • Ce qu'il reste du Cimetière après l'explosition d'une réserve de munitions Allemande
  • Café de la Terrasse
  • Basse Saulnes en triste état !
  • Croix de Guerre de Saulnes

La guerre 1914-1918

La Commune de Saulnes est décorée de la Croix de Guerre pour citation à l'ordre de l'armée, au cours de la campagne 1914-1918 contre l'Allemagne et ses alliés. Voici un rappel des faits qui ont conduit à cette décoration.

Le 3 août, l’Allemagne déclare la guerre à la France.

Le 20 août, toute l’armée Von Hausen ne tarde pas à s’emparer de l’ouvrage du colmy. A 17 heures, l’ennemi est à Saulnes. A 19 heures, il s’est rendu maître du "Bois du clopp".

Le 21 août, les mortiers de 210 sont mis en place sur le plateau de Saulnes. Toute cette artillerie ne tarde pas à venir à bout de la citadelle de Longwy, sous les obus de tous calibres. Elle n’est bientôt plus que décombres.

Le 22 août, les Allemands pénètrent à Saulnes et installent une batterie au lieu-dit "Maus". Vers 17 heures, deux compagnies d’infanterie allemande, profitant d’une accalmie dans le tir de nos canons se portent sur le plateau situé au nord de Saulnes et s’emparent du village, obligeant nos postes à se retirer sur le col de Longlaville.

Le 24 août, le caporal L’Hote, du 164 R.I se rend sur le plateau de Saulnes et fait exploser 200 obus laissés par les Allemands.

Après le bombardement de Longwy et la reddition du 26 août, Saulnes est occupée.

Dès leur arrivée, de gros industriels allemands, avec des officiers, font la tournée des usines et désignent les machines récemment installées et perfectionnées, qu’ils désirent voir transporter chez eux. Elles sont démontées soigneusement, emballées et expédiées par des spécialistes venus d’Allemagne. Puis commence alors la démolition de ce qu'il reste sous les yeux de nos industriels. En revanche, l’exploitation des mines est activement poussée. 15 000 prisonniers (français, belges, russes) y sont amenés et, sous une discipline rigoureuse, sont astreints à un travail sans relâche.

A part les réquisitions de toutes natures, les menaces continuelles de représailles de déportation dont les habitants ont souffert, Saulnes était relativement calme jusqu’au 17 février 1918. Ce qui restait de l’usine était devenu un dépôt de munitions de gaz asphyxiant. Repéré par les avions français, il a été bombardé fin 1917 et début 1918.

Dans la nuit du 17 février 1918, un avion fait sauter une quantité formidable d’obus. L’explosion a détruit une grande partie du village de Saulnes-Basse et endommagé les habitations de Saulnes-Haute. A partir de ce jour, les habitants ont été sans cesse alertés par les bombardements aériens et assistèrent à la débâcle de l’armée allemande.


Propos d'Adrien Zolfo, Maire, recueilli auprès de Monsieur Hanzel, alors enfant à l'époque.

"La quatrième bombe est tombée sur le dépôt de munitions qui se trouvait sur ce qui va devenir "le Crassier". Une formidable explosion s'en suivit qui souffla toutes les toitures de la Basse-Saulnes et renversa bon nombre de tombes au cimetière. La déflagration a été ressentie dans tout Saulnes et jusque dans le château des Maîtres de Forges à l'autre bout du village.

Le Jardin d'hiver du château et ses plantes grasses subira des dégâts. Les vitres étaient toutes brisées. Nous sommes en février et les plantes ne résisteront pas au froid. Plus tard, à la fin du conflit, le Maître de Forges, en dommage et intérêt se fera rembourser la totalité de ses plantes et des dégats, mais les toitures et les tombes, elles, ne le seront pas !

Le Maître de Forges Marc Raty avait plusieurs fils dont l'un, François, était sergent Aviateur . Il livra plusieurs combats aériens. Il fût malheureusement abattu mais réussit à poser son aéroplane. Grièvement blessé, il ne survécut que quelques minutes et prononça ces mots : " J'ai eu le boche".

La Kommandantur  de Longwy livra et obligea les Saulnois à s'occuper de deux vaches et un veau, avec la menace "si les bêtes viennent à mourir, vous mourrez aussi".
Il y avait, un dimanche sur deux,  un appel à la gare de tous les hommes entre 17 et 45 ans.  Celui qui était absent sans excuse, avait une amende à payer.

Mais il y eu aussi des moments conviviaux avec l'occupant, comme cette partie de Football opposant les militaires et la jeunesse de Saulnes. Ce jour là, l'arbitre était le facteur. Aussi lorsqu'un pénalty est sifflé contre Saulnes, Monsieur Jean Muller (père d'Annie Savarin, ancienne secrétaire de Mairie à saulnes ) n'apprécia pas cette décision. Il envoya une "droite" à l'arbitre. Le match a été interrompu. Jean Muller a été accompagné entre les gardes armés allemands à la prison du village. Elle existe encore, dans la Grand-rue.

Autre moment de convivialité : un garde allemand était en poste de garde à l'entrée se Saulnes, côté Herserange, près du Cimetière. Il interdisait toute entrée et sortie sans le fameux "ausweiss". Il avait une réputation de "bon enfant" et distribuait des bonbons aux jeunes saulnois  à chaque fois qu'il en avait l'occasion.

Sur les livres historiques de la guerre sur le Bassin de Longwy, on rapporte que l'Abbé Gaspard, enterré à Saulnes, se serait insurgé contre les Saulnois. Il estimait que ceux-ci faisaient un peu trop "Kamerad - Kamerad" avec l'occupant. Il surnomma même Saulnes "la ville ayant mis au monde le plus d'enfants boches."