La seconde guerre mondiale

LA RESISTANCE ET LES MARTYRS DE LA DEPORTATION

En débutant ce chapitre il est une notion qu’il convient d’indiquer immédiatement ? C’est le secret de l’action clandestine. C’est, pour la Résistance, l’obligation d’un cloisonnement indispensable ; c’est aussi le fait que pour de naturelles raisons de sécurité, il n’y eut pas d’écrit pendant cette période.

 Il n’y a pas d’archives constituées. C’est pourquoi, compte tenu de ce secret inévitable, beaucoup de Saulnois peuvent penser (puisqu’il n’y a pas eu d’opérations militaires d’éclat) que la résistance que la résistance fut peu active à Saulnes. Mais penser ainsi, serait une grave erreur.

 Certes les véritables Résistants furent une minorité de patriotes hostiles au nazisme. Seuls ceux ci et leurs familles savent combien ils furent peu nombreux jusqu’au jour de la libération.

 La Résistance à Saulnes se manifestait sous deux formes essentielles : la Résistance armée et le passage de prisonniers évadés. Certains Saulnois par l’endroit qu’ils habitent ou par le poste qu’ils occupent à la mine ou à l’usine ont été particulièrement efficaces mais aussi exposés. Le dire ainsi n’est pas suffisant.

 Il faut préciser l’importance de ce réseau de passe de prisonniers évadés quelque soit la nationalité de ceux ci. Ces réseaux ( et notamment celui dirigé par Monsieur Mougenot) avaient pour objectif d’amener ces évadés en zone dite libre et de la les faire passer en Espagne ; puis en Angleterre afin de reprendre le combat libérateur. Il convient de dire ici qu’a cette époque, rien que le passage d’une lettre aux frontières était puni de prison ; un évadé repris, était aussitôt dirigé vers un camp de concentration ; un passeur pris sur le fait était passible de la peine de mort.

 Il convient aussi de souligner fortement les responsabilités et les risques énormes des patriotes passeurs de prisonniers. Il fallait trouver des vêtements pour ces évadés et les faire circuler ; il fallait trouver des cartes d’identité, des cartes d’alimentation etc…

 Toutes ces activités étaient menées dans un environnement extrêmement périlleux. Par la force des choses, s’étaient alors tissés, peu à peu, des liens étroits avec les réseaux de passeurs ou des réseaux de Résistance dans les villes voisines du Luxembourg.

 La Résistance armée s’était accentuée dans la région particulièrement après le débarquement des alliées en Juin 1944. Ainsi, Monsieur Floquet, Directeur de l’usine de Saulnes, était alors pressenti pour remplacer un chef de réseau, qui fortement soupçonné par la gestapo allemande, fut prié par la Résistance de se mettre à l’écart. Monsieur Floquet fut appelé à assurer les responsabilités de ce groupe de Résistant pour le Bassin de longwy.

Certaines familles – nous respectons leur choix – n’ont pas tenu à raviver ce douloureux souvenir s’ils devaient nous raconter l’activité de leurs chers disparus ou nous confier les documents les concernant. Obligatoirement donc, mais à regret, le chapitre sur la résistance et la déportation sera donc incomplet. Les résistants et les déportés de Saulnes ont tous été des gens humbles ; n’aimant pas les grandes phrases mais qui ont tout simplement cherché à contribuer à la lutte contre l’occupant allemand.

Néanmoins, les premières informations sur le camp de concentration de Thil avait déjà beaucoup préoccupé la population sur le sort dés déportés.

Après la libération du camp du Struthof (Alsace) le 23 novembre 1944, le sentiment d’épouvante naissait chez tous et l’inquiétude était encore plus grande chez les familles de déportés.

 Enfin, lorsque après la libération du camp d’Auschwitz (Pologne Sud) par les troupes d’Union Soviétique le 27 Janvier, chacun réalisait ce qui avait été imposé aux Déportés dépassait l’entendement. Les images des quelques rescapés de l’horreur soulevaient l’indignation. Certes, il y avait la victoire sur le nazisme mais cette victoire ne pouvait être pleinement ressentie car elle nous apportait l’affreuse révélation des camps de l’enfer. L’EPOUVANTE. On voyait les déportés ; fantômes réels à raies bleues et blanches, squelettes agonisants, regards de feu et d’hébétude, échappées par miracle à l’Apocalypse.

Jamais dans l’histoire de l’humanité, l’Homme n’était descendu aussi bas. Il a appartenu aux nazi allemands de faire à tout jamais honte à l’Homme d’être Homme, d’avoir dévoilé jusqu’où le sadisme collectif pouvait conduire des bandes d’assassins. Ceux qui en sont revenus, sont des héros modernes, car comment ces hommes et ces femmes, qui ne sont plus qu’une ombre, ont-il pu durer, durer encore jusqu'à leur retour au domicile.

Leurs combats, leurs souffrances, leurs sacrifices étaient nationalement reconnus par l’attribution de 27 médailles de la reconnaissance française faisant ainsi de Saulnes, avec ses 2500 habitants, et à proportion de sa population la première Commune de France.

Raoul AUBERTEL – 40 ans

Dès après la débâcle de 1940, il aidait les prisonniers de guerre évadés – A lui seul, il avait assuré le « passage » d’une trentaine d’évadés qu’il amenait lui même, à LONGUYON (pour éviter les contrôle en gare de LONGWY).

En représailles des Actions patriotiques menées dans le Pays Haut par les FTP (Francs Tireurs et Partisans) les nazis vont procéder à partir du 5 Février à toute une série d’arrestations d’otages.

Connu comme Militant de Gauche M. AUBERTEL sera arrêté le 17 Février 1942 à son domicile. Prison de Longwy, puis Ecrouves (Toul) puis Compiègne.

Les Allemands le désignent alors pour faire partie avec 1170 autres détenus du sinistre convoi du 6 juillet 1942 (seul convoi politique de cette année la a être envoyé Auschwitz). Les Patriotes de ce convoi subiront de tels sévices, de telles tortures que 90% d’entre eux auront disparu à la fin de l’hiver 1942-1943.

Aussi en Septembre 1942, la famille de Raoul AUBERTEL sera informée – mais sans aucune précision – qu’il était décédé.

 

Joseph COSTA – 50 ans

Comme beaucoup de Saulnois, il était avec sa famille réfugié en Gironde. Eté 1944, c’est l’époque ou l’armée allemande bat partout en retraite et très souvent harcelée par les Maquisards et Résistant français.

Il en ai ainsi autour du secteur de BLASIMON (Gironde).

Vaincus, rageurs, ce lundi 14 Août 1944, les nazis, en représailles, appréhendent ceux qu’ils trouvent sur leur chemin.

6 otages dont M. COSTA et aussi l’Abbée BLASIMON – seront ainsi arrêtés et fusillés contre un tas de paille à MAURIAC.

Non encore satisfaits, les nazis mettront le feu à la pailles et les 6 otages seront carbonisés.

 

DE BIGAULT du GRANRUT François – 22 ans

Ingénieur à l’usine de Saulnes. Pour échapper aux réquisitions du STO (Service dy Travail Obligatoire) en Allemagne ; il quitte notre localité en vélo pour retrouver sa famille aux ISLETTES. Son père et son frère sont dans la résistance ; naturellement il se joint à eux.

Le 24 Août 1944, les nazis viennent à leur domicile, arrêter le père et ses deux fils. Leur demeure est pillée puis incendiée.

Lepère ; victime de terribles sévices ; meurt en captivité. François – qui ne sera pas séparé de son frère dans les différents camps – le soutiendra, le portera même pour lui éviter la mise a mort.

Mais les souffrances physiques et morales viendront à bout de pour les deux hommes.

François mourra d’épuisement, près de la frontière danoise, le 15 Mai 1945… Une semaine de après la capitulation des Allemands.

 

FROGNET Léon – 45 ans

Faisant partie d »un réseau de Résistance et de « passage » des prisonniers évadés.

Ceux-ci étaient emmenés jusqu’aux domiciles d’habitants sûrs, à Saulnes soit par l’organisation de M. MOUGENOT, soit par les Résistants de NIEDERKORN (Luxembourg). 45 prisonniers ou évadés furent ainsi « reçus » -par ce réseau – dans notre ville, hébergés, nourris, vêtus et dirigés vers la zone libre. Arrêté le 4 septembre 1942 – emprisonné 8 jours à Longwy puis transféré à la prison Charles III à Nancy jusqu'à fin Décembre 1942.

Emmené à PARIS (Prison du Cherche-Midi) puis envoyé à la prison de TREVES (Allemagne).

Condamné à la déportation dans les camps nazis, il n’y aura que peu d’information sur la suite de son internement et de ses souffrances. Son passage aurait été signalé dans différents camps comme HINZERT, WOLFENBUTTEL, UNTERMASFELD et également SCHWEIDNITZ où complètement épuisé malgré son courage il serait alors décédé en juin 1944.

Selon d’autres renseignements, il semblerait par contre qu’il était, au sinistre camp de GROSS-ROSEN (frontière polonaise) et porté DISPARU le 8 Novembre 1944.

 

Madame GILLET Marie – 61 ans

 Elle s’était engagée aux cotés de son époux dans l’action du réseau clandestin de « passage » des évadés.

Le Samedi 25 Avril 1942 – très certainement sur dénonciation – la police allemande fit irruption à son domicile, vers23h et découvrait 2 prisonniers hébergés.

Arrêtée et emprisonnée immédiatement à LONGWY. Transférée à NANCY du 1er Mai au 10 juin.  Puis à PARIS (prison de la santé) du 10 Juin au 28 Janvier 1943.

Emmenée ensuite en Allemagne. D’abord à TREVES puis à COLOGNE ou le Tribunal de guerre va la condamner à 4 ans de travaux forcés (rappelons qu’elle avait alors 62 ans). Le 12 Mai 1943 les nazis vont l’enfermer dans un camp à LUBECK.

Le 19 Juin, Mme Gillet va se retrouver à HAMBOURG jusqu’au 23 juillet. Cette ville subissant de gros bombardement, elle est ramenée au camp de LUBECK ou elle restera jusqu’au 21 Septembre. De là, elle sera envoyée au camp de BUTZOW où avec le courage et la volonté de survivre, elle résistera aux privations, aux services divers jusqu’à sa libération par l’armée rouge. Rapatrié par avion sanitaire, elle retrouvera les siens, le 31 Mai 1945.

Mme GILLET a partagé un temps sa détention avec une patriote qui malgré les interdictions, malgré les privations, les brutalités des « Kapos » nazis trouvait – et imaginons combien c’était difficile d’avoir papier, crayon et le temps – le moyen d’écrire en secret bien sur, des chansons, des poèmes.

 

GILLET Jules – 72 ans

Comme d’autres membres de sa famille – THIRY et NICOLAS – M. GILLET avait participé à l’hébergement et au passage de prisonniers Français évadés comme de luxembourgeois fuyant leur pays annexé par l’Etat nazi.

Le Samedi 25 Avril 1942, son beau frère, Monsieur NICOLAS, lui amène deux pris prisonniers de guerre français évadés pour qu’ils soient hébergés, habillés, et munis de faux papiers d’identité dans l’attente de leur accompagnement en train pour rejoindre la zone libre. Certainement dénoncé ; il voit vers 23h sa porte forcée par les gendarmes allemands ; les deux évadés furent ainsi découverts chez lui.

Pris en flagrant délit d’aide et d’hébergement – Monsieur GILLET et son épouse – bine que d’un age avancé tous deux – furent mis en état d’arrestation ainsi bien sur que les deux prisonniers français.

Emprisonné à LONGWY, puis à NANCY. Transféré lui aussi à la prison de la Santé à PARIS. Puis déportés en Allemagne à la prison (dite de passage !) de WITTLICH d’où il sera dirigé sur COLOGNE. Jugé et condamné par le Tribunal de Guerre à deux ans de travaux forcés.

A l’issue de sa peine accomplie en prison de SAUTZ près de DRESDE et considéré alors comme « NACHT une NEBEL » (nuit et brouillard) Monsieur GILLET sera transféré en Septembre 1944 au camp de concentration d’ORIANENBOURG. Malgré son âge, les kapos allemands ne l’épargneront ne des humiliations, ni des privations, ni de souffrances morales et physiques. En février 1945, devant l’avance de l’armée rouge, les nazis font évacuer à pied ce camp vers une destination inconnue. En réalité c’était le début de la dernière marche vers la mort. PORTE DISPARU.

 

GODART Léon – 40 ans

Avant guerre, Monsieur GODART était syndicaliste à la  CGT de la mine de SAULNES. Cette responsabilité lui avait permis d’avoir des relations avec des militants d’autres mines et usines du bassin notamment les mineurs d’HUSSIGNY.

Cela explique déjà que, presque naturellement, après l’occupation allemande, Monsieur GODART se soit retrouvé dans la résistance.

Il fut de suite intégré dans un réseau dénommé « Libération Nord ». Monsieur GODART fut donc de ces patriotes refusant la présence de l’occupant allemand et faisant sienne la devise « plutôt mourir debout que vivre à genoux ».

Le 12 septembre 1942 Léon GODART est nommé commandant du groupe de SAULNES pour « Libération Nord » avec pour mission ; passage de prisonniers de guerre évadés, distribution de journaux et tracts clandestins et aussi une mission des plus délicates que la résistance lui avait confiée : soustraire, avec l’accord de la direction de la mine, poudre et détonateurs et devant les faire parvenir au Groupe « Résistance Lorraine » à HUSSIGNY.

Son épouse, Mme GODART l’aidait particulièrement dans ses tâches. Ainsi à plusieurs reprises, elle fit le trajet elle fit à pied le trajet SAULNES HUSSIGNY avec un landau et son bébé pour transporter ces dynamites à HUSSIGNY ; et en revenant elle transportait, toujours au fond du landau, des journaux clandestins à distribuer à SAULNES.

Ce réseau de résistance «  Libé Nord » , bien qu’en éveil et se sachant surveillé, décidait néanmoins à l’époque de ne pas cesser son activité.

Mais le 22 Mai 1944, au retour d’une mission à NANCY, Léon GODART avec deux autres résistants Paul MANSARD de LONGWY, René RIBIERE de HUSSIGNY) furent arrêtés à Longwy par la Feldgendarmerie, renforcée par la Gestapo. Ces trois Résistants étaient porteur de 127 cartes d’alimentation, 3 cachets pour fausse identité et 250 journaux dont l’Humanité (journal clandestin puisque interdit depuis 1939).

Emprisonné à LONGWY, puis 65 jours de cellule à BRIEY, puis encore 34 jours de cellule à NANCY. De sa prison de NANCY, il réussit avec l’aide de gardiens patriotes, à faire passer des messages à son épouse. Ces messages ont surtout pour objet de faire assurer la sécurité des autres Résistants encore en activité. Il pensait ainsi plus aux autres, qu’à son propre sort.

Ainsi, dans une lettre, il indique à son épouse :

 

« S’il l’on t’interroge, tu pourras dire qu’il est venu une personne quelque temps avant mon arrestation et que tu as cru que c’était une personne venant pour le syndicat comme il en venait quelquefois. Rien de plus. Tu diras également si l’on te demande que je profiterai du voyage à Nancy, pour faire des courses à l’occasion de la communion. Regarde sur le petit buffet, sur l’étagère, sous le tapis ; fais disparaître ce qu’il s’y trouve. »

 « Ne mets pas de nom comme cela sur tes billets. Surtout à présent il ne faudra plus mettre les billets dans les colis. »

Un peu plus tard, il indique encore dans un autre message toujours sorti en cachette de la prison : « préviens …X… d’être très prudent, car à chaque interrogatoire maintenant ils me posent des questions de ce côté. »

Après ces journées de cellule à Nancy, il est envoyé le 28 Août 1944 en Allemagne, au camp de concentration de NAZWEILLER. Transformé en bagnard, il devra subir le supplice de la baignoire, le fouet, la douche glacée mais jamais il ne parlera ni ne renseignera l’ennemi nazi.

Devant l’avance rapide des alliées à l’Ouest, ce camp fut évacué le 9 Septembre pour être dirigé sur DACHAU et plus précisément dans le camp disciplinaire de ALLAC en tant que « NN » (nuit et brouillard). Trois semaines de sévices, de brutalités puis retour à DACHAU. Quelques semaines après, dirigé sur le camp de NEUENGAMME. Les déportés de ce camp seront envoyés à LADELUND pour y creuser des tranchées anti- chars ; pénible travail obligatoire travaux forcés, 150 seulement dont Monsieur GODART devaient revenir à NEUGAMME après 45 jours de ces conditions inhumaines.

Cela n’empêche pas les brutes nazis de renvoyer une fois encore Léon GODART, en commando de travail forcé sur la frontière Hollandaise. Il ne devait jamais en revenir. PORTE DISPARU.

 

MACARIO Joseph – 42 ans

Servait dans les FFI – Forces Françaises de l’Intérieur – dans le région du donon (Vosges). Il avait participé aux opérations de parachutage à LA PETITE RAON du 10 au 13 Août 1944µ.

A la suite de ces opérations, à été fait prisonnier par les SS à MOUSSEY (Vosges)au cours de la rafle le 24 septembre 1944.

Enfermé au camp du STRUTHOF (Alsace), puis Déporté dans le camp d’extermination de DACHAU – PORTE DISPARU le 4 avril 1945.

 

MOUGENOT Emile – 48 ans

Nous avons déjà vu dans la première partie ce cette brochure le rôle essentiel de monsieur MOUGENOT pour rétablir une vie normale dans SAULNES après l’armistice de 1940 et pour une localité en grande partie abandonnée après les évacuations de Septembre 1939 et de Mai 1940.

Rôle essentiel également dans la recherche permanente de denrées alimentaires pour assurer un ravitaillement moins difficile à une population qui en nombre revenait progressivement retrouver ses foyers.

Mais ces différentes tâches, pourtant déjà bien lourdes, ne pouvaient lui suffire.

Il s’engagea dans une autre encore, mais celle- ci ô combien plus secrète et plus dangereuse : organiser un réseau clandestin, qui, avec l’aide de patriotes luxembourgeois, se donnait pour objectif primordial d’aider le passage – avec tout ce que cela comportait – des prisonniers de guerre français évadés des geôles allemandes ainsi que les patriotes luxembourgeois fuyant leur pays annexé au Reich nazi.

On évalue au moins à 250 personnes celles qui ont ainsi bénéficié de l’importante étape saulnoise vers la route de la liberté. Mais, sur dénonciation, le 4 septembre 1942, Monsieur MOUGENOT, et une grande partie des hommes et des femmes de ce réseau, furent arrêtés par les Allemands.

Monsieur MOUGENOT va alors tout faire pour supporter SEUL, la responsabilité du réseau clandestin.

Avec abnégation et courage, avec héroïsme même, il revendique TOUTE la charge des accusations allemandes et cela permit la libération des autres membres du réseau après quelques semaines ou quelques mois de détention.

Monsieur MOUGENOT allait connaître les régimes pénitentiaires – à LONGWY puis à la prison « Charles III » de NANCY – et ensuite le terrible régime concentrationnaire des bagnes nazis.

D’abord au camp de HINZERT ou il va devoir subir un hiver très rude. Le 19 avril 1943 déjà fortement affaibli, Monsieur MOUGENOT est transféré à la prison de WOLFENBUTTEL – Travail en atelier pour une nourriture très insuffisante.

Fin septembre, il fait partir d’un convoi de déportés trop faible pour travailler que vont compléter d’autres déportés malades ou très âgés.

Le convoi les emmène au camp d’UNTERMASFELD. Un an après, le 12 Octobre 1944, en gare de BRESLAU, un déporté français qui avait côtoyé Monsieur MOUGENOT au camp d’HINZERT le reconnaît au milieu de bien d’autres qui comme lui faisaient partie d’un convoi en direction du camp d’extermination de GROSS – ROSEN.

Ce furent alors en période hivernale, les longues attentes de plusieurs heures debout sur la place d’appel – souvent de 18h à 1h du matin.

Ce firent les douchent à 2h du matin avec l’obligation de faire les 500 mètres du trajet jusqu’au « block » avec le corps ruisselant d’eau tiède mais sous les gelées nocturnes ; subissant au passage la « schlague » s’abattant au hasard sur les corps décharnés… Et  ensuite, chaque matin, à nouveau, tout nus, et avec un temps glacial, c’était encore l’appel…

Très affaibli, Monsieur MOUGENOT est alors accepter au « revier » (infirmerie…si on pouvait encore l’appeler ainsi). Mais une quinzaine de jours après, il est renvoyé au transport de blocs de granit dans ce camp où des centaines de cadavres sont chaque jours déversés devant le four crématoire. Vraiment à bout de forces et malgré la forte volonté exprimée tout au long de ces mois, Monsieur MOUGENOT st à nouveau renvoyer au « revier » en Décembre.

Alors que l’avance de l’armée rouge permettait d’espérer une libération proche, après 3 années de souffrances physiques et morales, mais trop épuisé, Monsieur MOUGENOT mourut le 9 février 1945 dans ce camp de GROSS-ROSEN.

 

NICOLAS Hélène – 40 ans

A Toujours aidé son époux dans ses différentes activités patriotiques. Ainsi de nombreux prisonniers ou évadés furent cachés chez eux. Dirigés ensuite vers la zone libre. Le 25 avril 1942, à une heure avancée de la nuit ; elle voit les Allemands forcer son domicile et emmener son époux pour l’emprisonner. Elle ne le reverra plus jamais. Le 5 juillet Madame NICOLAS, bien qu’assez gravement malade, est emprisonnée à son tour à NANCY (prison « Charles III) le 13 Juillet , transféré à la prison de la Santé à PARISjusqu’au 3 septembre 1942. A cette date, elle est emmenée en Allemagne à la prison d’AIX LA CHAPELLE pour y être enfermée une dizaine de jours. Transférée à la prison centrale de COLOGNE d’ou elle sera jugée, condamnée, et retenue dans cette prison jusqu’au 28 Juin 1943.

Puis encore transférée et emprisonnée à TREVES du 29 juin au 23 juillet.

Après 14 mois de sévices et de privations, Madame NICOLAS sera ramenée en France pour être encore enfermé à la prison de FRESNES d’où elle sera enfin libérée le 31 Juillet 1943.

 

NICOLAS Andrée – 17 ans (Mme VEJUX depuis ces évènements)

Le 25 Avril 1942, la feldgengendarmerie vient procéder, en leur domicile, à l’arrestation son père – voir ci dessous note concernant Monsieur NICOLAS Jules – accusé de complicité dans l’hébergement et le passage de prisonniers évadés.

Malgré son jeune âge, Andrée court chez Monsieur et Madame THIRY où elle savait que deux prisonniers français étaient hébergés. Grâce à son courage, les deux évadés purent se sauver en vitesse et se cacher ailleurs avant l’arrivée des allemands.

Mademoiselle NICOLAS fut arrêtée le 3 Juin 1942 quelques jours avant sa maman.

Emprisonnées ensuite toutes deux, elles subirent le même calvaire, de prison en prison, jusqu'à leur libération, terriblement éprouvées le 31 juillet 1943.

 

NICOLAS Jules – 43 ans

Il fait partie, depuis la triste reddition de PETAIN en 1940 ; ceux qui n’acceptaient pas l’occupation allemande.

Avec des sentiments patriotiques élevés, il contribuait au réseau d’aide aux prisonniers de guerre évadés comme aux luxembourgeois cherchant à fuir leur pays annexé alors au III Reich.

Le 24 Avril 1942, en soirée, un samedi (voir dossier Monsieur GILLET) il prend en charge au « Café du Nord » (37 rue de Longwy) deux prisonnier qu’il doit emmener chez Monsieur GILLET (son beau frère). Les trains ne circulant pas le dimanche ; ces prisonniers devaient être « camouflés » (avec habits ; nourriture, faux papiers…) jusqu'à une possibilité de départ le lundi 26.

Sur dénonciation ; les allemands étaient venus directement chez les GILLET où ils découvrirent deux prisonniers ; puis tout aussi bien informés, les allemands se rendirent chez Monsieur NICOLAS durant la nuit. Arrêté, puis emprisonné à NANCY ; avant d’être déporté en Allemagne.

Monsieur NICOLAS n’a jamais pu donner de nouvelles. Son Parcours de tortures et de souffrances n’a donc pu être établi. PORTE DISPARU.

 

PAOLETTI Albert – 19 ans

Réfugié avec sa famille en Gironde ; il ne supporte ni la défaite, ni l’occupation allemande.

Fervent patriote, s’il s’engage dans les FFI de cette région dans le groupe « GRAND PIERRE ».

En service commandé, pour transporter – avec camionnette – du ravitaillement à des maquisards ; Monsieur PAOLETTI est intercepté par la Gestapo le 7 Mai1944.

Interné à BORDEAUX ; il sera déporté le 27 juin ; en Allemagne, au camp de DACHAU.

Il aurait été fusillé le 27 Novembre 1944 à HERSBRUCK (près de FLOSSENBURG).

 

RUCHE Charles – 44 ans

Résistant FFI avait rejoint les maquis de la Meuse. Ardent patriote qui se comportait avec un grand courage dans les combats auxquels il participait.

Monsieur RUCHE devait trouver une mort héroïque au cours d’un engagement contre un convoi allemand le 27 Août 1944 à MANGIENNES (Meuse).

 

SILLIEN Désiré – 38 ans

Connu comme Délégué CGT et militant de gauche, il est arrêté par les nazis, le 21 février 1942 comme otage en représailles des sabotages et autres actions patriotiques menées par les F.T.P. dans le Nord de la Meurthe et Moselle.

Emprisonné d’abord à LONGWY, il suffira le cheminement pénitentiaire comme pour les autres patriotes détenus. Il sera déporté au camp d’extermination d’AUSCHWITZ.

 

 SILLIEN Eugène – 39 ans

Prisonnier en 1940. Rapatrié en qualité de mineur à TRIEUX – (l’occupant tenait à obtenir la production de minerai et d’acier) – Monsieur SILLIEN Eugène va faire partie du Réseau FFI Région C. Avec un groupe de 8 autres résistants qu’il commande et au cours d’une reconnaissance, le 13 septembre 1944. Eugène SILLIEN est tué, lors d’un accrochage contre l’ennemi, sur un pont THIONVILLE.